Bordalo II, l’artiste qui transforme les déchets en œuvres d’art

Bordalo II, l’artiste qui transforme les déchets en œuvres d’art

En une soixantaine d’années depuis son initiation, la production de masse des matières plastiques a généré 8.3 milliards de tonnes de ce dérivé du pétrole. La plupart des produits sont jetables, et seulement 9% de ces déchets sont recyclés (Source : National Geographic). La plupart finissent dans les mers et empoisonnent oiseaux, animaux marins et poissons. Les statistiques prévoient que d’ici à 2050, les océans contiendront plus de déchets plastiques que de poissons.

Arthur Bordalo, né à Lisbonne en 1987, est connu sous le nom de Bordalo II. Il a rajouté ce « segundo » par respect pour son grand-père, peintre lui aussi. Sa ville est particulièrement touchée par la pollution. Ses habitants utilisent 460 sacs plastique par an, c’est le record d’Europe. Issu des Beaux-arts et du street-art, le jeune artiste met depuis 2013 ses compétences créatives au service de la planète et dénonce la faible valorisation des déchets plastiques à travers ses œuvres.

« Les ordures d’un homme sont le trésor d’un autre »

Pare-chocs, poubelles casées, casques, jouets, emballages, bouteilles : Bordalo II recycle à sa façon les ordures qu’il trouve dans de sa ville et crée à partir de celles-ci des œuvres murales et sculptures représentant des animaux, premières victimes de notre surconsommation de plastique. Une manière de redonner vie à ces créatures.

De Bora Bora à Miami, de Las Vegas à Pattaya, en passant par Moorea, Heidelberg, São Paulo ou Santiago du Chili, le jeune artiste voyage aujourd’hui à travers le monde. Il choisit toujours un animal en lien avec le lieu où il va l’accrocher, et fait son marché dans les décharges locales, comme pour cette belette qu’il a réalisé à Hambourg pour le festival MS Artville. Les grandes dimensions de ses « Trash animals » signifient l’urgence de la situation.

Half Weasel | Hambourg
Half Castor | Paris
« Autrefois, une rivière nommée la Bièvre, prenait sa source à Guyancourt, et passait entre le 5e et le 13e arrondissement, pour finir par se jeter dans la Seine. Mais elle était tellement sale, à cause des usines et des teintureries aux alentours, qu’au début du XXe siècle, on l’a totalement recouverte et détournée. Elle se jette maintenant dans les égoûts. Bordalo voulait raconter l’histoire de cette rivière perdue. Il a découvert que l’une des origines possibles du nom, c’est qu’en gaulois, “bièvre” signifiait “castor”, une terminologie qu’on retrouve dans son nom anglais : beaver. L’animal à représenter était donc tout trouvé »

L’intention première du graffiti et du street-art en général est de toucher les passants avec un message précis. Pour Bordalo II, c’est même une responsabilité. Il veut sensibiliser la jeune génération, accro au plastique et au jetable, et l’inciter à changer les choses petit à petit. Ce message fort revient systématiquement dans ses créations.

Le peintre-bricoleur expose dans la rue, dans les galeries et les festivals : il est ouvert à toutes les expériences afin de toucher le plus de monde possible.

A partir du 26 janvier et jusqu’au 2 mars 2019, Bordalo II exposera à Paris à la galerie Mathgoth. Pour cette exposition intitulée « Accord de Paris« , il investira un espace brut et atypique de 700m² dans le but d’appeler les Français à une prise de conscience collective.

Half Owl – Bordalo | Paris
Détail | Half Snow Wolf | Borås
Half Crab | San Nicolas, Aruba, Antilles
Half Red Panda | Berlin
Half Orangotango | London

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