L’artiste Dire 132 au M.U.R de Dijon, une galerie à ciel ouverte

L’artiste Dire 132 au M.U.R de Dijon, une galerie à ciel ouverte

      Sur le M.U.R (pour Modulable, Urbain et Réactif) de Dijon, les fresques éphémères sont remplacées chaque semestre, faisant de ce musée en plein air une surface d’exposition de 7 x 4 mètres pour des street–artistes, aussi bien nationaux qu’internationaux. Après d’autres artistes au style bien tranché comme Speedy Graphito, Bault, Stom500 et Bom.K, c’est au tour de Dire 132 de prendre possession à sa manière de cette galerie ouverte à tous, inspirée par un projet similaire créé à Paris en 2007.

Dire 132, de la rue à la lumière

      En résidence du 26 au 30 juin 2019, l’artiste Dire 132, issu du Crew 132 (Marseille – Paris), a présenté la nouvelle fresque qui ornera ce mur. Issu de la scène graffiti, l’artiste DIRE commence sa carrière dès l’âge de 14 ans, séduit par l’idée de marquer les murs de son blaze. Il entre en école d’art appliqué, évolue dans le design et le graphisme, mais prend très vite la voie d’une création plus manuelle. Il trouve sa place dans le Sud de la France, à Aix-en-Provence, où son travail évolue, affirmant peu à peu son style ainsi que sa signature visuelle. C’est vers des portraits hyper-réalistes et étonnants qu’il va se tourner, autour des thèmes récurrents de la Femme et du tatouage. Sollicité à Paris, Bruxelles, Rabat, Casablanca et d’autres villes du monde, c’est une belle réussite pour un gamin qui passe de la rue à la lumière. À la bombe, au pinceau ou au crayon, Dire fait ressortir l’âme de ses personnages tatoués, sublimes, sensuels et parfois dérangeants.

La Marianne révolutionnaire laisse place à une nouvelle oeuvre engagée

La Marianne de BOM.K sur le M.U.R – Photo © Bretzel Film

      Précédemment, les dijonnais avaient pu découvrir une monumentale et tortueuse fresque en noir et blanc d’une Marianne par BOM.K, un artiste qui met en scène la perversion de l’être dans un environnement emprunt au domaine du cauchemar. C’est au tour de Dire 132 de transformer ce pan de mur sous les yeux des passants intrigués et sous la chaleur écrasante de la canicule. En partant de la Marianne révolutionnaire de BOM.K – qui n’est pas sans rappeler les révolutionnaires du collectif mexicain Tlacolulokos –  Dire parvient à créer son oeuvre en superposition. Sans avoir repeint l’ancienne au préalable, comme une véritable métamorphose, il délivre un message faisant écho aux débats actuels. D’une Marianne révolutionnaire au cocktail Molotov dans les mains, on passe à une femme tête baissée et mains regroupées. En général, derrière les traits réguliers de ses modèles, sa peinture est militante et nourrit la réflexion sur la place des femmes dans la société. «C’est ma Marianne à moi si on fait le parallèle en quelque sorte. J’avais dans l’idée de faire ressortir une idée de recueillement un peu honteuse, honteuse des résultats aux élections européennes…». Tout en transparence, on peut voir apparaître le message “Remember”, “Souviens-toi”, afin de rappeler aux gens le passé, l’histoire, en particulier les guerres, et qu’on arrête de verser dans la haine et le racisme.

La fresque de Dire 132 sur le M.U.R – Photo © Bretzel Film

Ce projet est porté par l’association Zutique Productions ainsi qu’un collectif d’artistes dijonnais composé d’RNST, Bretzel Film, Vizualistic et les Éditions Inencadrable, en collaboration avec la Ville de Dijon.

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