Interview avec l’artiste derrière « Beyond the Cards » : tirons les cartes avec Florina Aledo Perez

Interview avec l’artiste derrière « Beyond the Cards » : tirons les cartes avec Florina Aledo Perez

Photograhie © Lionel Rault

Mystérieuse, élégante mais aussi puissante, l’image de la femme passionne profondément l’artiste Florina Aledo-Perez. Originaire de Roumanie, elle associe la sentimentalité féminine à l’inspiration multiculturelle. Au gré des symboles, de son univers floral et des femmes du monde, elle nous laisse entrevoir les facettes mystérieuses de notre quotidien. C’est dans le repli des cartes de Tarot, que l’artiste nous présente son exposition « Beyond the Cards » dans cette interview. Une exposition à découvrir dans la Galerie du Fort Superposition du 30 juillet au 29 août.

Ton solo-show est intitulé « Beyond the Cards ». Pourquoi t’es-tu intéressée à l’univers du Tarot ?

L’année dernière, j’ai fouillé un peu dans les vieux bouquins chez mes parents et j’ai atterri sur le jeu de Tarot de ma mère. Quand je l’ai ouvert par pure curiosité, je me suis dit « Wow ! C’est assez incroyable, c’est assez fascinant ! ». Il y a vraiment un côté philosophique, un côté introspectif derrière.

Pour ceux qui ne connaissent pas, peux-tu expliquer brièvement le principe du jeu du Tarot ?

Quand on se pose une question, vague ou précise, sur n’importe quelle thématique, on peut tirer une carte. Étant donné qu’elle est emprunte de plusieurs symboles, elle va nous renvoyer comme un effet miroir vers notre propre inconscient. Alors, elle va nous ramener à notre vécu, à nos propres expériences et à nos propres connaissances pour que nous puissions nous-mêmes répondre à une question posée.

Comment s’est déroulé, étape par étape, le processus de la création de ton exposition ?

Après avoir eu l’idée de m’intéresser au Tarot, est venue l’acquisition de plus de 5 bouquins sur le jeu. J’ai toujours eu un vrai travail de documentation en amont. Ensuite, j’ai exploré tout ce qui a déjà été fait en lien avec le jeu avant même de commencer à faire mes propres visuels. Il y a des centaines d’artistes qui se sont pretés à cet exercice. J’ai réfléchi à comment j’allais appréhender l’univers du jeu. Or je trouve les images sur les cartes traditionnelles assez désuètes, elles ne correspondent plus à la réalité actuelle. Donc, je me suis posée la question « Comment puis-je réussir à traduire à nouveau ces cartes, ces images et ces sensations pour aider un individu lambda à s’auto-apprendre ? ».

Enfin, est venue la recherche de l’iconographie en termes de l’exposition. Plus précisément, en termes du format, du cadrage et d’autres paramètres à prendre en compte. Par exemple, quand j’ai fait ma première toile, est apparue le problème des couleurs. Je suis quelqu’un qui peux passer des heures à les chercher, à les associer et à les mélanger un peu comme Panoramix devant sa marmite. De ce fait, je me suis dit que ce serait mieux de garder le même univers. Ainsi, le public ne se perdrait pas dans un dédale de couleurs, ce serait d’autant plus simple pour la compréhension de l’exposition.

À quelles émotions et réflexions aimerais-tu amener les visiteurs de ton solo-show ?

L’exposition va dans la continuité de ce que j’ai toujours fait. J’ai envie de pousser les femmes à se connaître et à s’accepter. Mes œuvres sont donc des clés que je leur donne pour qu’elles puissent comprendre à quel point elles sont belles et fortes. Même s’il y a d’autres petites histoires que je veux raconter, d’autres idées que je veux faire passer à travers l’exposition.

Ton travail représente principalement la figure féminine avec quelques exceptions, notamment, avec le portrait de Freddy Mercury. Pour quelles raisons te concentres-tu plus sur les traits de femme ?

Ça a commencé à l’époque où j’étais encore dans le marketing. J’aidais une amie à lancer une formation pour les femmes-entrepreneuses. Comme il fallait organiser un événement pour faire venir du monde, j’ai proposé de faire une exposition. Mon amie est franco-mexicaine. Alors, pour que l’exposition soit en accord avec son identité mais aussi avec les valeurs de sa formation, je me suis intéressée à Frida Kahlo.

Je connaissais son travail pictural mais pas sa vie. Quand je me suis documentée, je suis tombée amoureuse d’elle. J’ai donc commencé à la représenter. Puis, je me suis rendu compte qu’on a toutes nos blessures et nos douleurs cachées qu’on n’exprime souvent pas. C’est pourquoi je voulais projeter Frida Kahlo dans toutes les femmes. Je voulais montrer que chacune d’entre elle est complètement différente mais a tout de même cette force-là de mener des combats quotidiens.

Si tu pouvais tirer dans les cartes du Tarot, sur quelle arcane souhaiterais-tu tomber ?

Le Bateleur me représente bien. C’est un prestidigitateur qui a une extrême aisance dans tout ce qu’il fait. En quelque sorte, c’est un sorcier qui magouille pour arriver à tout. Je m’identifierai bien à cette image.


Articles qui pourraient vous intéresser :