Interview – Hélène Wolff, céramiste et archeologue

Interview – Hélène Wolff, céramiste et archeologue

Dès le paléolithique supérieur, l’homme préhistorique façonne des objets en terre cuite et représente les animaux qui l’entourent. Le chasseur-cueilleur d’Asie est le premier à utiliser la céramique pour la cuisson d’aliment, dix millénaires avant l’apparition de l’agriculture associée à la nécessité de stockage.

Autant dire que la céramique est une technique très ancienne, utilisée largement dans le monde entier, à travers des techniques et des styles divers. La Chine est connue pour ses porcelaines, l’Egypte antique pour ses céramiques fines aux formes gracieuses et recherchées ; des vases grecs ont été découverts en grand nombre, et les Indiens d’Amérique ont développé un art de la céramique avec des poteries richement incrustées de motifs. Les populations précolombiennes représentent de véritables scènes complexes et les pays du Maghreb, eux, sont les premiers à utiliser le tour de potier et à utiliser la céramique décorative dans l’architecture avec la création de carreaux. 

Hélène Wolff est ceramiste et archéologue. Elle est déjà intervenue dans le cadre d’ateliers à Sitio, mais aussi à l’Urban Art Jungle et au festival Métamorphe. Nous l’avons rencontrée pour parler de ses deux spécialités et de son amour pour ses disciplines. 

Parlez-nous de votre parcours. Comment devient-on céramologue  ?

J’ai étudié à l’institut d’art et d’archéologie de Paris ainsi que l’histoire ancienne à la Sorbonne. Dans un même temps, j’ai fait l’école du Louvre, mais ça, c’était juste pour le plaisir, et pour la culture générale. Je suis devenue archéologue, avec une spécialité en prehistoire. J’ai travaillé sur le terrain pendant quelques années, puis j’ai décidé de monter un atelier, l’Atelier du Belier, pour y faire des expérimentations archéologiques qui consistent à analyser la céramique et ses techniques. En même temps, j’ai une part de création personnelle et j’expose mes oeuvres à l’atelier ou dans des galeries. Je donne également des cours de céramique non-tournée en temps qu’intervenante. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la céramique ?

Je me suis aperçue que dans une ceramique ancienne, ma main allait directement retrouver l’empreinte du potier qui l’avait faite. C’est cela qui m’a plu.

Au cours de mes études, nous avions observé, manipulé et étudié tellement de ceramique, mais je me suis rendu compte que pendant mon enseignment je n’ai jamais eu de cours de ceramique. J’ai eu un declic et c’est pour cela que lorsque j’ai arreté l’archéologie de terrain, je me suis consacré à l’experimentation liée à la céramique. Je me suis aperçue que dans une ceramique ancienne, ma main allait directement retrouver l’empreinte du potier qui l’avait faite. C’est cela qui m’a plu. La céramique nous met en contact avec des civilisations anciennes et elle permet de laisser une trace organique qui nous est propre sur les objets que l’on crée.

Quelle est votre pratique de la céramique ?

Ma pratique de la céramique est expérimentale. Aussi, j’ai choisi de me limiter à la céramique non-tournée et de garder les techniques du moulage et du colombin pour être au plus près de l’archéologie et pour comprendre les pratiques de nos prédécesseurs. J’utilise des outils que je fabrique ou que je trouve dans la nature, des cailloux, des branchages… Il existe de nombreuses sortes d’argile. Je ramasse de la terre dans différentes régions et la traite pour pouvoir m’en servir. Il faut la trier en enlevant les végétaux les cailloux, on peut aussi mélanger différentes terres. Pour la cuisson, j’expérimente avec des structures en fosses dans le sol ou des fours éphémères comme par exemple des fours romain construits en brique. 


Le prochain atelier a lieu les 29, 30, et 31 octobre, quelles seront les techniques enseignées et quel type d’objets les apprentis pourront-ils fabriquer ? 

L’objectif des ateliers que je propose est de partir d’un objet archéologique ancien, de s’emparer de la technique utilisée et de fabriquer un objet original à partir de celle-ci. Pour le prochain atelier par exemple, nous nous inspirerons des Vases Canopes de l’Egypte Antique. C’est un contenant avec un couvecle zoomorphe ou anthropomorphe. Lors de cet atelier les participants devront s’inspirer des égyptiens pour realiser un vase contemporain issu de leur imagination.

Les deux premiers jours seront destinés à appréhender la matière. On partira d’une boule ou d’un colombin pour en faire un bol. Il faudra ensuite créer la forme pour le couvercle. Le dernier jour, nous travaillerons le traitement de surface (anses polissage, scarifications, ajout d’éléments décoratifs).


▬▬▬▬ INFOS SUR LE PROCHAIN STAGE
Quand ? Les 29, 30 et 31 octobre de 17h à 18h30
? à SITIO par Superposition
Adresse ? 3 place Gensoul, 69002 LYON
Inscription en lignehttp://bit.ly/2D8dIOd

Tarif membre : 45€ les 3 jours de stage*
Tarif non membre : 50€ les 3 jours de stage
Tarif stage de 3 jours + Adhésion membre à l’association pour un an : 55€ ( permet de profiter du bar Sitio à l’année et de nombreuses réductions sur les ateliers, festivals et happenings)

  • Pensez à ramener votre carte de membre ! Elle vous sera demandée au début du stage.

Comment s’y rendre ?
Velo’v : Vélo’v 2037-place-des-archives
Bus : S1 direction St Paul – arrêt Gensoul
Métro x Tram : Ligne A – arrêt Perrache / Gare Perrache

 

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