L’Iretge de ville arrive à Lyon : Entretien avec Maxime Ramoul

L’Iretge de ville arrive à Lyon : Entretien avec Maxime Ramoul

Iretge signifie l’hérétique en langue occitane ; entendu par eux comme l’anticonformiste qui caresse la marge ; qui s’écoute et suit son propre chemin ; l’Homme sauvage dans le joli sens du terme, libre et généreux

Le collectif d’artiste Iretge débarque à SITIO le 8 mars avec un exposition collective autour de la thématique de l’homme sauvage…de ville. Du marginal à l’activiste de la contre culture, du sdf au militant hyperactif, Iretge met en lumière tous ces gens qui se perdent dans l’anonymat de la cité. Une expo multiforme qui s’interrogent sur la place de l’humain dans ce foisonnement d’activité et sur la surveillance qui l’accompagne.

Maxime Ramoul, l’un des 13 artistes de cette exposition, photographie la ville de Lyon où il réside, et, à travers l’objectif de son 35mm, montre la réalité comme il la voit. Pour « De ville », il exposera un triptique un peu particulier. Entretien avec ce nomade de ville.

Quel est le sens de ton travail actuel ?

Ce travail de photo de rue découle d’une pratique quotidienne, un peu comme un journal photographique. Après deux ans et demi de vie Lyonnaise, certaines choses ressortent plus que d’autres. Il s’est formé une sorte de ressenti par le vécu. Au final on se rapproche d’une satire, caustique donc, mais emphatique aussi, de la rue et des gens qui la remplissent. Emphatique, parce qu’elle me fait davantage rire que pleurer. Il y a de quoi dire, de quoi s’indigner, de quoi passer son chemin… mais surtout de quoi montrer. Mon but c’est ça, montrer que l’on cache trop souvent.

Il y a un titre à cette série ?

Le titre qui est resté ? Fais de beaux rêves…

La ville de lyon se prête elle avantageusement à cette exploration ?

Oui et non, je ne voudrais pas froisser le lyonnais hahaha mais c’est vrai que je ne listerais pas Lyon parmi les villes les plus sexy pour un photographe de rue, mais en même temps je ne saurais pas vraiment dire pourquoi… Je ne suis pas un pur chasseur d’images, avec cette série FDBR je recherche plus à dépeindre une période de ma vie et le ressenti qui va avec, voire à témoigner d’une certaine condition humaine, ici à Lyon.

Pourquoi as tu privilégié l’argentique ? Est ce lié à ton plaisir de maitriser tout le processus ?

L’argentique c’est avant tout le choix d’une pratique et d’une manière de fonctionner qui mise tout sur l’instant, le ressenti du moment. C’est évidemment un rendu particulier et à mon sens impossible à reproduire en numérique. C’est aussi comme tu l’as dit pour le plaisir et la satisfaction de tout au long du processus de création, de la prise de vue au tirage manuel en chambre noir. C’est presque militant comme choix aussi, le côté physique et organique étant également primordial pour moi à l’heure où l’on consomme 99% des images sur écran et principalement sur smartphone, alors que, bon, le rendu papier c’est tellement plus fort. Et puis question fiabilité, les négatifs reste le moyen le plus pérenne pour archiver sa production, loin devant les disques durs à obsolescence programmée.

Avec quel matos travailles-tu ?

Des 35mm assez basiques équipés en focale standard, j’ai utilisé successivement pour cette série un Canon FTb, un Rollei 35S et un Minolta CLE dernièrement qui me suis partout. C’est le choix de la simplicité et du plus compact, le meilleur appareil étant celui qu’on peut toujours avoir avec soi.

« Le meilleur appareil étant celui qu’on peut toujours avoir avec soi »

Maxime Ramoul


Parles nous de ton triptyque un peu particulier.

J’aurais effectivement trois pièces personnelles exposées à Sitio, un triptyque de ce que j’appelle des tirages multiples ou des multirages haha. En utilisant plusieurs agrandisseurs j’ai tiré de 5 à 8 photos sur la même feuille ce qui donne un effet de collage/montage photo pour recréer des espaces de mémoire, comme un pan entier de mes souvenirs réuni sur une seule feuille.

En ville, qu’est ce qui t’énerve ?

Oh, tellement de choses mais principalement l’anonymat ambiant, les gens qui marchent en regardant leur pied ou leur téléphone, ceux qui marchent en faisant des selfies c’est sans doute encore pire.

…t’amuse ?

Ceux qui marchent en faisant des selfies hehe. Les accidents de trottinettes électriques aussi. Sans parler de la vie nocturne…

…t’inspire ?

Les paradoxes et les aberrations ; ça fait réfléchir et quand on se place bien ça donne de bonnes photos.

Qui sont les Iretge de ville pour toi ? Plutôt marginal, plutôt activiste ; plutôt clochard ou plutôt loubard ?

L’Iretge de la ville, il est pas si facile à trouver, déjà parce que c’est plus dur d’être Iretge quand on habite en centre ville. L’iretge de ville c’est avant tout un galérien. Il est marginal oui, activiste à son niveau au moins mais pour moi il s’épanouit dans la contre-culture.

Quel plaisir y a t’il eu à voir tes photos rehaussées par les artistes du collectif ?

C’est le partage avant tout, confronter un regard brut de photographe et l’imagination d’un peintre c’est assez magique et au vu de l’équipe c’est que de l’émerveillement. « Rehausser » c’est le bon mot car ils et elles ramènent l’esprit Iretge, un côté sauvage et souvent de la couleur et de l’imaginaire à un constat photographique bien terne. Mine de rien ça me permet de rester optimiste quant à ma production et à ma perception en général d’un milieu urbain qui n’est pas le mien et qui ne me sied pas toujours.

« Confronter un regard brut de photographe et l’imagination d’un peintre, c’est assez magique… »

Maxime Ramoul

As tu des gens à remercier qui t’ont aidé sur la route de cette expo ?

À toute l’équipe Iretge pour leur confiance sur ce projet, ceux qui ont précédé et ceux à venir, mention spéciale à Ben Bello qui a le don pour me tenir éveillé, Denis Laveur qui m’a tout appris et m’apprend encore en laboratoire, Guillaume Ducreux pour m’avoir amené à la street photo de la meilleure des façons, et les frères de Burger Eyes notamment Lory Vuilard et Romain Baudoux pour le super boulot qu’ils ont déjà fait et celui à venir, gardez l’oeil ouvert ! Mais surtout merci à tout ceux que nous croisons et nous donnent l’énergie pour accrocher des photos au mur, parce que c’est con, mais moi je trouve ça beau.

« Iretge triomphal »
Photographie et tirage argentique par Maxime Ramoul de la fontaine Bartholdi, rehaussée par Adec, L’insecte, Arkane, Nhobi, DH, Loraine, Primal, Aude B et Brokovich.

Max Ramoul

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« De Ville »

Exposition collective avec : Ad Ec + Arkane Art + Aude B. + Brokovich + David Duart + Vincent Guillermin + Idys Pasteup + L’insecte + Loraine Mti + Mr Blønde + Nhobi + Primal Graphic + Max Ramoul

Infos pratiques : 
Quand ? Vernissage le vendredi 8 mars de 18h à 22h , prolongation le samedi 9 mars de 14h à 20h
Où ? SITIO par Superposition
Adresse ? 3 place Gensoul, 69002 LYON
Entrée gratuite ! Cotisation symbolique aux 2 assos pour accès au bar (légal).
Exposition visible du 8 au 16 mars
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