Métamorphe#2 : l’exposition collective sur la place de la Femme dans l’art sera la dernière à SITIO !

Métamorphe#2 : l’exposition collective sur la place de la Femme dans l’art sera la dernière à SITIO !

Superposition est heureuse de présenter la deuxième édition de Métamorphe, le festival dédié à la Femme et aux arts pluri-elles, du 07 mai au 08 juin 2019, une exposition collective sur la place de la Femme dans l’Art . De son étymologie-Fe-(PHE) signifiant celle qui donne le souffle, MétamorPHE, rend hommage à l’effervescence artistique féministe et explore les questions des inégalités et des transformations nécessaires à l’égalité dans le milieu brûlant des esthétiques plastiques. Photographes, skateuses, graffeuses, écrivaines, féministes, bédéistes, tatoueuses toutes réunies et liées par les cultures urbaines à la galerie SITIO par Superposition pour revendiquer la création féminine sur le thème de la flamme.

C’est Bouda, artiste graphiste illustratrice basée à Paris qui a realisé l’affiche de cette édition de Métamorphe. Ses dessins peuplent aussi l’espace fresque de Sitio, à découvrir lors du vernissage. A l’occasion de sa participation à l’exposition, nous l’avons rencontrée pour lui poser quelques questions.

Rencontre avec BOUDA

Bouda, Londres

QUEL A ÉTÉ TON PARCOURS POUR DEVENIR L’ARTISTE QUE TU ES AUJOURD’HUI ?

Depuis toute petite , j’ai toujours eu cette grande passion qu’est le dessin. Ma mère (ancienne peintre et artiste) nous a toujours fait faire pleins d’activités manuelles lorsque nous étions petits : découpages, collages et peinture… depuis ça me m’a jamais quittées ! Après le bac, j’ai fait une école de communication visuelle à Paris pendant 3 ans puis je suis partie à Berlin et j’ai lancé mon activité à mes 19 ans là- bas. Ensuite j’ai enchaîné pas mal de petits boulots pour pouvoir vivre de mes peintures et illustrations. Maintenant c’est mon métier à plein temps. Je fais pour la plupart du temps des grands murs en intérieur et en extérieur et des expositions !

D’OÙ VIENT TON NOM D’ARTISTE «BOUDA» ?

Longue histoire, mais c’est un surnom qu’on m’a donné en seconde au lycée ! Depuis, il ne m’a pas quitté. Il est court et facile à retenir, c’est plutôt pratique.

COMMENT DÉFINIS-TU TON UNIVERS, TA MARQUE DE FABRIQUE ?

Au début j’ai travaillé uniquement en noir et blanc avec des contrastes forts et des aplats impactants. Jamais de brouillon toujours un jet spontané et direct. J’ai commencé à faire évoluer un style où les traits se propagent comme une sorte de virus, avec beaucoup de détails dans mes dessins. Il y a toujours quelque chose à découvrir dans mes travaux lorsqu’on s’y penche de très près… La ville, les habitants et mes voyages sont les sujets qui constituent la plupart de mes travaux. J’aime réinterpréter à ma manière les choses qui m’entourent. Aujourd’hui tout va très vite, l’énergie autour de nous est constante, c’est ce qui me motive à sans cesse faire évoluer et pousser mes créations plus loin. Par exemple aujourd’hui, la couleur se fait plus présente dans mes toiles. C’est grâce à la bande dessinée ( Gaston Lagaff, le petit Nicolas, Kid Paddle…) que j’ai eu envie de dessiner. Je crois pertinemment au fait que l’art visuel a pour avantage de s’adapter à n’importe quel support (bois, verre, béton, céramique, textile…) Le mur est un des supports que je préfère. Sortir des petits formats et réaliser une oeuvre à échelle 3 fois plus grande que soi, c’est un réel kiff.

Le collectif féministe Guerilla Girls avait dénoncé par un slogan le nombre restreint d’artistes femmes exposées au Metropolitan Museum : «Les femmes doivent-elles être nues pour entrer au Metropolitan Museum ? Moins de 5 % des artistes de la section d’art moderne sont des femmes, mais 85 % de nus sont des femmes».

Banquise – Bouda 2018

ALORS, AUJOURD’HUI, OÙ SONT LES FEMMES DANS L’ART ?

Aujourd’hui, nous sommes dans une époque où tout se bouscule. Même si le street-art se démocratise beaucoup en ce moment et devient plus accessible, les stéréotypes et les préjugés persistent encore. Les femmes sont réellement présentes surtout dans l’illustration et le graphisme. Mais dans le street-art et le graff, malheureusement elles sont moins visibles ! Pourtant il y a de sacrés pionnières que j’admire beaucoup comme Kashink, Lady Pink, Miss Van…qui depuis de nombreuses années portent ce mouvement et s’imposent dans ce milieu. Je suis sûre qu’avec les années ça ne fera qu’évoluer.

SELON TOI, SOMMES-NOUS ARRIVÉS À UN TOURNANT OÙ LES ARTISTES FEMMES SONT DE PLUS EN PLUS PRÉSENTES DANS LE MONDE DU STREET-ART QUI EST PRINCIPALEMENT MASCULIN ? QUELLE EST L’IMAGE DE L’ARTISTE FEMME AUJOURD’HUI DANS CE MILIEU ?

En effet, les choses évoluent et les codes sont bousculés et ça fait du bien ! Depuis que je fais ce métier, j’ai surtout eu l’occasion de travailler et d’évoluer avec des hommes, qui m’ont transmis et partagé leur expérience. Mais c’est sûr qu’on est encore un peu trop discrètes à mon goût. Je pense que dans notre milieu, notre sexe ne devrait pas avoir d’importance. C’est notre travail et notre passion qui définit qui on est. C’est un beau challenge pour nous de faire notre place dans ce milieu qui est certes très masculin. Ça donne encore plus la niaque.

Bouda & Caroline Derveaux, Paris

TU PARTICIPES À LA DEUXIÈME ÉDITION DE MÉTAMORPHE, QUI MET EN LUMIÈRE DES ARTISTES FÉMININES. QUE VAS-TU PROPOSER À MÉTAMORPHE #2 ?

Cette exposition est très importante pour moi car ça me permet de m’exprimer et créer autour d’un sujet qui me tient à coeur. J’ai préparé une série uniquement en couleur sur toile avec un personnage qui revient beaucoup : ma reine aux cheveux bleus et son monosourcil. Un symbole de vie et de force. Il n’y a pas de manière précise pour représenter la femme. On est toutes d’origine, de taille, de couleur de peau, de physique différent. Pour la fresque j’aimerai imaginer une illustration qui définit l’unité, un ensemble, une foule colorée mettant la femme en lumière.

UN DERNIER MOT ?

Un grand merci à l’équipe de Superposition pour cette belle opportunité, j’ai super hâte de voir le résultat final 🙂 Venez nombreux ça va être très très cool !


Femmes & Hommes, Hommes & femmes et tous les autres, sont les bienvenus pour cette nouvelle expérience pluridisciplinaire non stéréotypée. Cette exposition sera bien la dernière dans notre galerie actuelle, SITIO, dans le deuxième arrondissement. Nous espérons donc vous voir nombreux lors du vernissage, pour célébrer ensemble notre belle galerie une dernière fois. De grandes nouvelles arrivent, de beaux projets se préparent et nous vous donnerons plus d’informations sur notre déménagement très bientôt !

Les artistes présents sur Métamorphe #2

Hélène Ressayres // Floe // Idys Pasteup // Floppiz // BOUDA // Helene wolff // Angelina Guez // Da Collages // Les Editions La Poule Rouge // Jean Lambert // Loraine Motti // Parvati Parvati // Maya Naruse // CLEMENTINE FISH // Edith Lake // Mona La Muerta // Delamuerte // Sales Gosses Ink & More

Session tattoo flash, customisation live de deux baby foot mixtes, conférences et performance live sont au programme du festival ! Les infos sont a retrouver en direct sur l’événement Facebook de Métamophe #2.

Visuel de Métamorphe #2 – Bouda
Infos pratiques

• Quand ? Du mardi 07 mai au 08 juin
• Vernissage mardi 07 mai de 18H à 22H
• Où ? Galerie SITIO par Superposition
• Adresse ? 3 place Gensoul, 69002 Lyon

On se quitte avec le doux poème « Anonymement » écrit par RousseBarbe, un éloge au street-art et l’identité des artistes :

Anonymement

Des bombes en poche, collées, serrées
Sur le béton, usée, grisé
J’attends le moment, les mains dedans
Les doigts colorés par les pigments

Les traits se croisent, pressés, stressés
L’adrénaline, pulvérisée
Sur le moment, l’esprit flottant
Enivré dans les solvants

Les contours s’enchaînent, tirés, soignés
Le jour se lève, réalité
Après le moment, c’est l’apaisement
D’un acte spontané, anonymement

Les bombes au sol, percées, vidées
Sur le béton, dégradé violet
Mais à présent, créativement
Femme ou homme, est-ce important ?

Pourquoi vouloir y mettre visage
Absolument
Laissez nous errer tel un mirage
Vaporisant

Des cris de douleur ou passionnés
Oppressants
Des postillons pigmentés
Gratuitement

Des mots et gestes éphémères
Résistant
Au monde et ses travers
Remuant

Le graffiti n’a pas d’identité
Respirant
La liberté quelconque de créer
LE MOUVEMENT

Roussebarbe