Une empreinte verte au Fort Superposition

Une empreinte verte au Fort Superposition

Plus que quelques semaines avant de partir à l’assaut du Fort Superposition pour une ultime fois ! Ce sont au total une cinquantaine d’artistes plasticiens (street-art et plus) qui animent une dernière fois l’enceinte du Fort Superposition avant la fermeture de ses portes. Parmi ces acteurs, nous avons le plaisir d’accueillir depuis novembre 2019 Empreintes Vertes. Cette association lyonnaise a au cœur de sa démarche la réappropriation et la végétalisation des espaces publics désinvestis par la ville et le citoyen. Elle intervient également chez des privés. Cette volonté s’inscrit dans un mouvement encore méconnu du public, le guerilla gardening en accord avec le recyclage.

Rencontre avec Géraldine de l’association Empreintes Vertes, fervente pratiquante de ce mouvement, que vous pourrez retrouver lors des Journées Européennes du Patrimoine 2020 au Fort Superposition.

Créer une biodiversité de proximité en ville

Petit retour en arrière pour mieux comprendre l’origine de ce mouvementent ! C’est dans les années 70 à New York que ce terme est apparu à la suite d’une action menée par Liz Christy. Elle aménagea un jardin partagé dans un lieu laissé à l’abandon. Cette révolution pacifique à l’époque a entraîné plusieurs acteurs comme des associations, ou des citoyens, à participer à l’embellissement des villes, à créer des initiatives vertes et socialement plus responsables.

Empreintes vertes, les origines

Aujourd’hui et depuis une dizaine d’année, la ville de Lyon met en place des jardins de rues et des espaces verts partagés, afin de réunir les citoyens autour d’actions participatives et d’aborder des questionnements autour de la protection de la biodiversité. Des actions qui tendent à se multiplier notamment par le biais d’associations engagées, telle qu’Empreintes Vertes.

La réflexion de la végétalisation en ville est de paire avec le mieux-être — Rencontre avec Géraldine d’Empreintes Vertes

Quelle est ta représentation du guerilla gardening ?

Le guerilla gardening consiste naturellement à prendre soin des espaces et espèces vivants. L’action même de ce mouvement, c’est d’être en lien avec “le végetable”, comment le cultiver en ville. À vrai dire, il n’y a rien de nouveau en cette pratique, cela est un enjeu depuis des années, mais pour certain c’est tout un début. Pour moi c’est une de mes missions principales en tant que citoyenne recycleuse sur la planète. Un exemple marquant, celui de mon ancien atelier de création textile « La fée bidule et le lutin malin » puis « G : 1 idée ! » dans lequel je recyclais les tissus.

La petite histoire de Géraldine
Fondatrice et présidente de l’association Empreintes Vertes
Toile par @littlelilou01  

Comment as-tu connu le guerilla gardening ? 

Depuis mon enfance, je vis entre la ville et la campagne. J’ai toujours cultivé un morceau de terre, c’est évident pour moi de semer et végétaliser là où je passe en extérieur ou intérieur. 

Quelles actions mènes-tu autour de cette pratique? 

J’investis l’espace urbain en semant avec soin des bombes de graines ou des fleurs polénisantes, lors de mes balades urbaines ou rurales. 

Lorsque j’ai investi le canisite dans le quartier de la Croix Rousse, certains commerçants, riverains ou encore agents municipaux ont participé à leur façon en faisant des dons de palettes, de plantes ou encore de boutures. 

“Finalement, le guerilla gardening c’est comme être un jardinier mais en mélangeant les expressions. »

Géraldine, Fondatrice et présidente d’Empreintes vertes association

Quand as-tu créé ton association à Lyon ? 

J »ai créé Empreintes Vertes depuis mars 2019. Auparavant, j’ai été bénévole pour des associations. Mais j’ai également participé au mouvement, simplement en tant que citoyenne. J’ai un profond respect pour les simples, la nature, l’écologie du vivant et le troc des plantes et semences.

Pour aller plus loin, d’autres actions sont à découvrir avec Les incroyables comestibles partagés, les jardins ouvriers, Compost’elles.

Selon toi, comment ce mouvement répond à des problématiques écologiques ? 

Je pense que le guerilla gardening a un impact sur la responsabilité du vivre ensemble, ce qui rassemble les individus. De ce fait, en ville l’enjeu de la végétalisation est aussi de faire baisser la chaleur de nos vies urbaines. La nature qu’elle soit représentée réellement ou artistiquement, reste un besoin plus que naturel à l’humain. La réflexion de la végétalisation en ville est de paire avec le mieux-être. Un art de vivre, de ralentir, de respirer.

Quel message veux-tu faire passer à travers cette pratique ? 

C’est en voyant des praticiens actifs en pleine journée que les gens comprennent l’intérêt de la végétalisation, la nourriture, les bio-déchets, l’impact de la consommation. Nous n’avons pas besoin ou peu besoin de neuf pour la végétalisation tout comme le reste. Je cherche à sensibiliser l’individu pour qu’il se questionne sur sa position, son attitude, ses idées au sein de son environnement.  

En mélangeant les différents arts de la rue (collaborations avec des street-artistes – comme @toki_art, @ludodsp, @alwinenogier, @mashamagosia – des élus locaux, des citoyens, les commerçants pour le recyclage (épluches de légumes, palettes, invendus de plantes entres autres,…), cela apporte une dynamique de respect du quartier et du vert, et des tons de couleurs différentes selon les quartiers.

Installation de Toki pour l'association Empreintes vertes (Lyon)
Installation du duo « Toki » dans le jardin du Fort – © Superposition

Je suis une citoyenne engagée faisant partie des « ambassadeurs » agir à Lyon et ses alentours. 

Géraldine, Fondatrice et présidente d’Empreintes vertes association

En quoi le guerilla gardening et l’art urbain font sens ensemble ?  

Ce qui fait sens c’est le fait d’investir l’espace urbain aux couleurs des citoyens, des quartiers, des régions, des pays. Le Street gardening crée du partage ouvert à tous et fédère autour d’un projet, de l’espace public, etc… Par exemple, lors de mon début de chantier sur un canisite place Bellevue à la croix rousse. Certains riverains m’ont rejoint spontanément pour l’embellir.

Quelles ont été tes actions au sein du Fort Superposition à Croix-Rousse ?

Je souhaitais réinvestir cette friche pour laquelle Superposition m’a invitée pour y développer mon savoir-faire. Travailler dans une résidence d’artistes est une valeur ajoutée. En les observant, cela me donne envie d’évoluer, de voir comment chacun travaille.
L’expérience a été positive, j’ai pu crée des liens avec chacun très rapidement dans ce cadre privilégié.
J’ai travaillé en duo avec @zapirel sur l’élaboration et l’aménagement du design urbain avec certains artistes du Fort tels que @carinefigueras, @yandygraffer, @lilitotas, @instayann____, …

J’ai pu me nourrir de la synergie du lieu et des échanges humains.

Installation de Yandy Graffer pour l'association empreintes vertes
Installation de Yandy Graffer dans le jardin du Fort – © Superposition

Un dernier mot ?

Je remercie la tribu PP pour leur investissement en tant que bénévole pour Empreintes Vertes et Superposition !

Namasté à : Orbiane, Camille, Maïlys, Marie, Cléo, Lou…

Pour suivre les prochains projets de Géraldine, retrouvez la sur Facebook, Instagram et sur son site !

Retrouvez Empreintes Vertes lors des Journées Européennes du Patrimoine au Fort Superposition

Avant de partir vers de nouveaux horizons, l’équipe ainsi que les artistes résidents du Fort Superposition vous invitent une ultime fois au cœur du Fort pour une visite insolite résolument art urbain ! L’occasion de vous immerger dans l’art urbain, de partir à la découverte des artistes et de visiter cette bâtisse chargée d’histoires.

Fruit d’une effervescence de plusieurs mois de résidence, les artistes du Fort ont eu carte blanche pour repenser les intérieurs de la bâtisse sur ces 4 étages. Tout comme Empreintes Vertes pour l’aménagement du jardin.

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